Vous avez passé une heure sur place, une autre au bureau à chiffrer, et le devis est parti. Depuis, silence. Relancer vous gêne : vous n’avez pas envie de passer pour un vendeur qui force la main. Pourtant, un client qui ne répond pas n’a pas forcément dit non. Il a souvent été pris par autre chose, il compare, ou il attend un détail qu’il n’ose pas demander. Relancer un devis, c’est lui rendre service. La méthode tient en trois choses : le bon rythme, un message utile à chaque fois, et une fin claire.
Pourquoi un devis reste sans réponse
Avant d’écrire la moindre relance, il faut avoir en tête ce qui se passe de l’autre côté. Bien souvent, ce n’est pas un refus. Le client a reçu le devis un soir, l’a lu en diagonale, s’est dit « on en reparle ce week-end » avec son conjoint, et la semaine a filé. Ou bien il attend deux autres devis pour comparer. Ou encore, une ligne ne lui semble pas claire et il ne veut pas avoir l’air de chipoter.
Dans chacun de ces cas, une relance bien faite débloque la situation. Et si la réponse est non, vous le savez enfin, vous arrêtez de garder un créneau pour rien et vous pouvez demander pourquoi. Et cette réponse vous servira pour vos prochains devis.
Quand relancer un devis : le rythme qu’on recommande
Il n’existe pas de règle officielle. Voici le rythme qu’on conseille aux artisans et aux indépendants qu’on accompagne, pour un devis de particulier. À adapter selon le montant et l’urgence du projet.
- Deux jours après l’envoi : un message court pour vérifier que le devis est bien arrivé. Les mails finissent parfois dans les indésirables, et c’est une excuse parfaite pour reprendre contact sans pression.
- Une semaine après : un appel ou un mail qui ouvre la discussion. Avez-vous des questions ? Une ligne à préciser ?
- Deux semaines après : une relance avec un élément concret, comme vos disponibilités ou un délai de fabrication. C’est ce qui aide le client à se décider.
- Avant la fin de validité du devis : un dernier message qui annonce que vous classez le dossier. Poli, sans reproche.
Quatre contacts sur un mois, chacun avec une raison d’être. C’est assez pour ne rien laisser filer, et assez espacé pour ne jamais être pesant.
5 modèles de relance prêts à copier
Remplacez ce qui est entre crochets. Et surtout, personnalisez au moins une phrase avec un détail de votre visite : c’est ce qui fait qu’on vous répond.
Modèle 1 : vérifier la réception (SMS, deux jours après)
Bonjour [Prénom], c’est [votre prénom] de [entreprise]. Je vous ai envoyé mardi le devis pour [la terrasse]. Je voulais juste m’assurer que vous l’avez bien reçu, il arrive que les mails se perdent. Bonne journée !
Court, sans question sur la décision.
Modèle 2 : ouvrir la discussion (mail, une semaine après)
Objet : Votre projet de [terrasse en bois]
Bonjour [Prénom],
Avez-vous eu le temps de regarder le devis ? Lors de ma visite, vous hésitiez entre [le pin traité et le douglas]. Si ça peut vous aider, je peux vous chiffrer l’autre option pour que vous compariez.
Si une ligne n’est pas claire, n’hésitez pas, je vous l’explique en cinq minutes au téléphone.
La relance apporte quelque chose : une option, une explication.
Modèle 3 : l’appel téléphonique
Le téléphone a un gros avantage sur le mail : il permet d’entendre l’objection. Ne commencez pas par « alors, vous avez pris votre décision ? ». Partez du projet :
« Bonjour [Prénom], [votre prénom] de [entreprise]. Je vous appelle au sujet de votre [salle de bains]. Est-ce que le devis correspond à ce que vous imaginiez, ou il y a des points qu’on doit revoir ensemble ? »
Puis écoutez. La vraie raison du silence sort souvent dans la première minute.
Modèle 4 : donner un repère concret (mail, deux semaines après)
Bonjour [Prénom],
Je fais le point sur mon planning des prochaines semaines. Pour votre [portail], je peux encore bloquer un créneau de pose [début novembre], en comptant [trois semaines] de fabrication. Au-delà, on passerait plutôt en [janvier].
Dites-moi ce qui vous arrange, je m’organise.
Une information vraie, pas une fausse urgence.
Modèle 5 : clôturer poliment (mail, avant la fin de validité)
Bonjour [Prénom],
Sans nouvelles de votre part, je suppose que le projet de [véranda] a été mis de côté ou confié à quelqu’un d’autre, et c’est tout à fait normal. Je classe donc le dossier.
Si vous avez deux secondes, dites-moi simplement ce qui n’a pas convenu (le prix, le délai, autre chose) : ça m’aide à m’améliorer. Et si le projet revient sur la table, vous savez où me trouver.
Il ne demande rien, et c’est souvent pour ça qu’on y répond.
Les erreurs qui font perdre le chantier
- Baisser son prix de soi-même. Proposer une remise dans une relance, sans que le client ait parlé de prix, revient à dire que le premier chiffre était gonflé. Si le prix bloque, laissez-le vous le dire, puis proposez une autre option plutôt qu’un rabais.
- Le message vide. « Je me permets de revenir vers vous concernant mon devis » ne donne aucune raison de répondre. Chaque relance doit apporter quelque chose : une vérification, une option, un créneau.
- Relancer trop tôt, trop souvent. Trois messages en une semaine, et le client se sent traqué. Le rythme plus haut laisse de l’air.
- Ne jamais clôturer. Un devis sans réponse qui traîne pendant des mois vous fait garder des créneaux et de l’espoir pour rien. Le message de clôture libère tout le monde.
- Oublier. C’est celle qu’on rencontre le plus chez les artisans qu’on accompagne. Pas par manque de volonté : entre les chantiers, les appels et la paperasse, la relance passe toujours après.
Ne plus jamais oublier une relance
La méthode la plus simple : dès que vous envoyez un devis, notez dans votre agenda les dates des quatre relances. Un tableau avec une ligne par devis (client, montant, date d’envoi, prochaine relance) fait aussi très bien l’affaire, à condition de l’ouvrir chaque lundi.
Au-delà d’une dizaine de devis par mois, ça devient une tâche à part entière. C’est là qu’on peut faire partir les relances toutes seules : le devis est envoyé, et les messages des modèles 1, 2, 4 et 5 partent aux bonnes dates, à votre nom, tant que le client n’a pas répondu. Vous gardez l’appel pour vous, parce que c’est là que votre expérience fait la différence.
C’est exactement le genre de tâche que Jonathan met en place chez J&C Solutions, en partant de vos outils actuels. Voir comment on vous fait gagner du temps, ou prenez rendez-vous : on regarde ensemble où partent vos heures de bureau, et par quoi commencer.
